Les 10 et 24 août, les Turcs éliront leur président de la République, et ce pour la première fois au suffrage universel direct, marquant la croissante présidentialisation de leur système politique. Avec sa candidature officiellement déclarée début juillet, l'actuel premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, n'a jamais caché ses ambitions d'accéder à la fonction suprême et de poser sa marque sur la République, autant, voire davantage que son fondateur, Mustafa Kemal Atatürk.

Bayram Balci
Balci was a nonresident scholar in Carnegie’s Russia and Eurasia Program, where his research focuses on Turkey and Turkish foreign policy in Central Asia and the Caucasus.
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Politicien astucieux et charismatique, maîtrisant à la perfection l'art d'haranguer l'électorat anatolien, M. Erdogan s'appuie aussi sur un bon bilan économique qu'il exhibe plus que souvent. Les élections municipales du 30 mars ont confirmé son éclatante victoire, où son parti, l'AKP, a recueilli près de 45 % des voix sur le plan national, en gardant le contrôle des principales grandes villes. Son triomphe en août ne laisse que peu de doute. Toutefois, la détérioration de la situation régionale et intérieure, ainsi que la désignation par l'opposition d'une candidature surprise pourraient changer la donne et provoquer la surprise.

L'ÉPINEUX DOSSIER SYRIEN

La politique extérieure de l'AKP, après avoir été brillante et équilibrée entre un engagement pro-européen et un activisme constructif dans les épineux dossiers moyen-orientaux, a sombré dans le dossier syrien, où la diplomatie turque, comme les chancelleries occidentales d'ailleurs, a sous-estimé les capacités de résistance du régime de Bachar Al-Assad.

Ayant échoué à convaincre l'an...

Cet article a été initialement publié le 31 juillet sur le site du journal Le Monde. Lisez l’article complet ici.